Le mouvement "Do it yourself" qui prend de plus en plus d'ampleur ne va pas seulement se limiter à la production de biens et services, mais concernera aussi la biologie amateur et la manipulation génétique...
L'impression 3D est devenue tendance ces derniers mois. Plus un jour ne passe sans qu'un article ou un reportage sur le sujet vienne nous rappeler la progression incroyable de cette technologie. Beaucoup voient à juste titre dans l'impression 3D la prochaine révolution industrielle permettant entre autre le prototypage rapide des produits ainsi que leur production sur-mesure en fonction des besoins réels des clients. Alliée à l'automatisation de l'économie, cette technologie est sensée permettre en outre la re-localisation de l'outil industriel dans les années qui viennent, ainsi que la transformation de chaque consommateur en producteur d'après ses zélateurs.
Mais il y a une autre révolution en cours dont on parle beaucoup moins, et qui pourtant promet de transformer le fonctionnement de la société de façon tout aussi radicale : la biologie amateur ou biohacking. Telle l'informatique devenue grand public, la science génétique (en particulier la biologie de synthèse) est vouée à se répandre dans toute la société, et ne plus être l'apanage des centres de recherche gouvernementaux ou des labos d'entreprises pharmaceutiques. Si la technologie n'est pas encore tout à fait là, elle arrive cependant à grands pas. La baisse des coûts sans précédent du séquençage et de la synthèse de l'ADN, de même que l'apparition des toutes premières imprimantes 3D organiques, rendent ce processus irréversible à terme.
Preuve en est que les conférences se multiplient dans le monde scientifique et universitaire, et qu'on assiste à la création de mouvements comme celui du DIY Bio.
Ces biologistes amateurs ou biohackers tentent de créer un vaste réseau à travers le monde afin de partager leurs connaissances et découvertes et de diffuser le plus largement possible le "savoir génétique" acquis au fil de leurs expérimentations. Cette communauté reste assez peu connue, mais souffre déjà de son image dans les rares médias qui en parlent. Les "apprentis-sorciers" comme on les surnomme sont soupçonnés (bien souvent à tort) de ne pas respecter les réglementations très strictes en matière de génie génétique.
Il faut dire qu'ils agissent en dehors de tout cadre de contrôle des autorités sanitaires, vu que ces dernières ne sont pas du tout adaptées au phénomène. Comment le pourraient-elles d'ailleurs ? Donc, face aux risques de dérapage non négligeables, cette révolution génétique suscite des peurs abondantes et compréhensibles chez ceux qui la découvrent sur le tard avec effarement.
Certains biohackers (très marginaux heureusement) ont déjà affirmé avoir relâché dans la nature des organismes vivants génétiquement modifiés, et ce sans autorisation. Ce qui pose bien sûr de sérieux problèmes éthiques. Toutefois, la plus grande crainte réside dans le potentiel bioterroriste. Car si la science génétique devient open source comme on le prévoit, cela peut signifier que des groupes fanatiques finiront par avoir accès aux éléments nécessaires à la création d'armes létales ou destructrices d'écosystèmes. Cette hypothèse est pour l'instant peu probable, mais il ne faut pas pour autant l'écarter. D'où des questions très sensibles concernant la régulation de cette activité. A priori, le contrôle des particuliers paraît irréaliste sur le plan technique ou financier. On ne va pas demander aux autorités sanitaires d'inspecter chaque laboratoire communautaire (ou chaque garage) à chaque instant ! Ne reste alors que la responsabilisation des participants et le nécessaire contrôle par les pairs.
Au-delà de ces questions, la majorité des experts s'accordent pour dire que les gains potentiels du DIY Bio l'emportent largement sur les risques en l'état actuel des choses. Pour approfondir davantage le sujet, je vous propose d'écouter la biologiste Ellen Jorgensen qui expliquait en Juin 2012 lors d'une conférence TED le genre de recherches qu'elle mène dans son laboratoire communautaire à New-York.
Singularité et Infosphère
mardi 5 février 2013
vendredi 1 février 2013
Pourquoi l'exploitation minière des astéroïdes est nécessaire
Grâce à la baisse des coûts de l'accès à l'orbite terrestre permise par la "privatisation" de l'accès à l'espace, une flopée de nouveaux concepts voient le jour telle que l'exploitation minière des astéroïdes géocroiseurs. Qui sont les pionniers ? Dans quel laps de temps comptent-ils exploiter les astéroïdes ? Et pourquoi faire ?
Tout a commencé l'année dernière avec la société américaine Planetary Resources, annonçant son intention de développer des technologies d'exploitation minière au sein des astéroïdes orbitant à proximité de la Terre. L'équipe de Planetary Ressources travaille toujours en ce moment à la construction de l'Arkyd-100, un télescope spatial chargé de repérer les astéroïdes les plus intéressants pour la prospection. La mise sur orbite est prévue pour 2014 suite à partenariat avec Virgin Galactic. Ce projet considéré comme "un peu fou" est financé entre autre par l'un des créateurs de Google, Larry Page, et le réalisateur et producteur de films, James Cameron.
Début 2013, une seconde société américaine a décidé de se lancer à son tour, Deep Space Industries. Comme sa concurrente, cette entreprise prévoit le lancement d'un satellite de détection, mais probablement pas avant 2016. On parle bien sûr ici de sondes spatiales à très bas coût, accessibles à des start-ups de ce genre. Pas de satellites à 300 millions de dollars pièce. Sondes spatiales qui seront elles-mêmes mises sur orbite par les lanceurs bon marché des sociétés privées de transport spatial qui ont cassé les prix de l'accès à l'espace récemment.
Aucune de ses 2 compagnies n'envisagent de missions humaines pour l'instant, uniquement des missions robotisées. Y compris pour les phases ultérieures du plan, lorsque l'extraction à proprement parler débutera. L'ensemble des missions sera opéré par des véhicules spatiaux inhabités, gérés depuis la Terre.
C'est le tout début du processus. Les premiers retours d'échantillons pour analyser le potentiel des géocroiseurs ne devraient pas avoir lieu avant 2020. Et l'exploitation commerciale des astéroïdes en tant que telle devrait commencer vers 2025. Mais en comptant les incidents et les délais inévitables, je parie plutôt sur 2030-35.
En qui concerne l'utilisation finale de ces minerais, l'objectif n'est pas forcément de les ramener sur Terre. Ce qui serait extrêmement coûteux, et ne permettrait pas de retour sur investissement aux cours actuels. Ils espèrent davantage les utiliser sur place. Par exemple pour créer des pièces de rechange en utilisant l'impression 3D, à destination des satellites artificiels ou des véhicules spatiaux qui en auraient besoin. Autrement dit, il s'agirait de créer des sortes de "stations de réparation" dans l'espace. L'autre objectif serait de fournir de l'eau dont certains astéroïdes regorgent, à la Station Spatiale Internationale et aux autres missions habitées. Le développement de cette activité pourrait donc s'avérer rentable à moyen terme, contrairement à ce qu'on a pu en dire. Puisque les deux sociétés gagneraient de l'argent en permettant à d'autres organisations (NASA, ESA, Entreprises des télécoms) d'économiser le coût exorbitant du transport d'eau et de pièces de rechange de la Terre à l'Espace.
Cependant, à plus long terme, il sera indispensable de ramener une partie de ses minerais sur Terre. Les quantités de fer, de cobalt, de nickel ou de platine (et bien d'autres) qui sont disponibles à l'intérieur des astéroïdes sont trop gigantesques pour ne pas y penser. Un seul astéroïde de 500 mètres suffirait à assurer les besoins de la population humaine pendant des années. Pour le moment, ces minerais sont trop abondants à la surface de la planète pour justifier le coût économique de ces missions spatiales. Mais plus tard, lorsqu'ils commenceront à manquer, on pourrait fort bien assister à une ruée vers l'or de l'espace...
Tout a commencé l'année dernière avec la société américaine Planetary Resources, annonçant son intention de développer des technologies d'exploitation minière au sein des astéroïdes orbitant à proximité de la Terre. L'équipe de Planetary Ressources travaille toujours en ce moment à la construction de l'Arkyd-100, un télescope spatial chargé de repérer les astéroïdes les plus intéressants pour la prospection. La mise sur orbite est prévue pour 2014 suite à partenariat avec Virgin Galactic. Ce projet considéré comme "un peu fou" est financé entre autre par l'un des créateurs de Google, Larry Page, et le réalisateur et producteur de films, James Cameron.
Début 2013, une seconde société américaine a décidé de se lancer à son tour, Deep Space Industries. Comme sa concurrente, cette entreprise prévoit le lancement d'un satellite de détection, mais probablement pas avant 2016. On parle bien sûr ici de sondes spatiales à très bas coût, accessibles à des start-ups de ce genre. Pas de satellites à 300 millions de dollars pièce. Sondes spatiales qui seront elles-mêmes mises sur orbite par les lanceurs bon marché des sociétés privées de transport spatial qui ont cassé les prix de l'accès à l'espace récemment.
Aucune de ses 2 compagnies n'envisagent de missions humaines pour l'instant, uniquement des missions robotisées. Y compris pour les phases ultérieures du plan, lorsque l'extraction à proprement parler débutera. L'ensemble des missions sera opéré par des véhicules spatiaux inhabités, gérés depuis la Terre.
C'est le tout début du processus. Les premiers retours d'échantillons pour analyser le potentiel des géocroiseurs ne devraient pas avoir lieu avant 2020. Et l'exploitation commerciale des astéroïdes en tant que telle devrait commencer vers 2025. Mais en comptant les incidents et les délais inévitables, je parie plutôt sur 2030-35.
En qui concerne l'utilisation finale de ces minerais, l'objectif n'est pas forcément de les ramener sur Terre. Ce qui serait extrêmement coûteux, et ne permettrait pas de retour sur investissement aux cours actuels. Ils espèrent davantage les utiliser sur place. Par exemple pour créer des pièces de rechange en utilisant l'impression 3D, à destination des satellites artificiels ou des véhicules spatiaux qui en auraient besoin. Autrement dit, il s'agirait de créer des sortes de "stations de réparation" dans l'espace. L'autre objectif serait de fournir de l'eau dont certains astéroïdes regorgent, à la Station Spatiale Internationale et aux autres missions habitées. Le développement de cette activité pourrait donc s'avérer rentable à moyen terme, contrairement à ce qu'on a pu en dire. Puisque les deux sociétés gagneraient de l'argent en permettant à d'autres organisations (NASA, ESA, Entreprises des télécoms) d'économiser le coût exorbitant du transport d'eau et de pièces de rechange de la Terre à l'Espace.
Cependant, à plus long terme, il sera indispensable de ramener une partie de ses minerais sur Terre. Les quantités de fer, de cobalt, de nickel ou de platine (et bien d'autres) qui sont disponibles à l'intérieur des astéroïdes sont trop gigantesques pour ne pas y penser. Un seul astéroïde de 500 mètres suffirait à assurer les besoins de la population humaine pendant des années. Pour le moment, ces minerais sont trop abondants à la surface de la planète pour justifier le coût économique de ces missions spatiales. Mais plus tard, lorsqu'ils commenceront à manquer, on pourrait fort bien assister à une ruée vers l'or de l'espace...
jeudi 24 janvier 2013
Vers une énergie photovoltaïque omniprésente et bon marché
En matière de technologie photovoltaïque, les progrès réalisés ces dernières années par les industriels sont assez époustouflants. Sur le long terme, l’énergie solaire semble belle et bien la plus prometteuse !
Jusqu'à présent, l'Europe était pionnière en matière d'énergie photovoltaïque. En 2010, 70 % de la production mondiale d'électricité photovoltaïque venait d'Europe. Mais petit à petit, le marché bascule vers l'Asie, avec des investissements de plus en plus importants dans les pays émergents qui souhaitent réduire leur dépendance au charbon. L'engouement pour le photovoltaïque s'explique par une baisse vertigineuse des prix (moins 50% en trois ans), qui permet à cette technologie d'être dès à présent moins onéreuse que les énergies fossiles dans certaines régions. En Inde par exemple. Cet essor du photovoltaïque asiatique profite surtout à la Chine qui produit plus de la moitié des cellules et modules solaires de la planète à elle seule. Même si les machines-outils utilisées par les fabricants chinois viennent d'Europe, d'Allemagne en particulier...
En France, la filière est on peut le dire plutôt sinistrée. Des coûts de production bien trop élevés certes, mais aussi et surtout des barrières administratives étouffantes sur le marché domestique. Il faut parfois attendre plusieurs années entre le lancement d'un projet et la production des premiers kilowatts heure ! Tant et si bien que, même aidés par les autorités (Etat et collectivités), les fabricants tricolores font grise mine.
Mais ces considérations économiques ne doivent pas occulter les énormes progrès réalisés par les industriels du secteur depuis quelques temps ! L'amélioration du rendement des cellules photovoltaïques étant la priorité des priorités. En effet, pour que l'électricité photovoltaïque soit réellement compétitive sans subventions face aux autres énergies (fossiles ou renouvelables), y compris dans les contrées moins ensoleillées comme la nôtre, la seule solution est de maximiser le taux de conversion d'énergie solaire des cellules.
Ce taux de conversion tourne à l'heure actuelle autour de 20% pour les cellules solaires à base de silicium qui sont disponibles dans le commerce. Cependant, des tests en laboratoire ont déjà permis de dépasser les 40% grâce à de nouvelles techniques ou de nouveaux matériaux. Bien sûr, un délai est nécessaire entre la prouesse réalisée en labo et la production commerciale de masse, de l'ordre de 5 à 10 ans. Le rendement des panneaux photovoltaïques que vous achèterez dans quelques années devrait être ainsi deux fois supérieur à ceux d'aujourd'hui. Certains prédisent même des cellules solaires atteignant le seuil symbolique des 50% de rendement avant 2020 ! Voire pourquoi pas 80% de taux de conversion à plus long terme, d'ici 20 à 40 ans...
D'autres recherches visent non pas à accroître le rendement des cellules, mais à faciliter et à répandre leur utilisation. Les fort ingénieuses cellules souples avec un rendement identique aux panneaux classiques sont déjà là.
On parle à présent de cellules photovoltaïques imprimables et transparentes qui pourraient être posées partout (murs ou fenêtres), et pas seulement sur les toits exigus des immeubles de bureaux ou d'habitation.
Encore plus incroyable. Au Japon, l'entreprise Mitsubishi est parvenue à développer des cellules photovoltaïques pouvant être vaporisées ! Bref, ces réussites scientifiques en cascade bousculent tous nos a priori.
On le voit, les contraintes techniques tombent les unes après les autres. Même la question de l'indispensable stockage de cette énergie intermittente sera résolue d'ici peu. On peut donc maintenant se permettre d'imaginer que l'électricité photovoltaïque devienne aussi dominante que peut l'être le charbon aujourd'hui, au cours de la seconde moitié du 21ème siècle. L'énergie solaire arrivant sur Terre étant 10 000 fois supérieure à la consommation énergétique de l'espèce humaine, le potentiel est gigantesque même en ne récupérant qu'une infime fraction de l'ensemble. Autrement dit, le futur ne sera pas fait de disette mais d'abondance énergétique...
Jusqu'à présent, l'Europe était pionnière en matière d'énergie photovoltaïque. En 2010, 70 % de la production mondiale d'électricité photovoltaïque venait d'Europe. Mais petit à petit, le marché bascule vers l'Asie, avec des investissements de plus en plus importants dans les pays émergents qui souhaitent réduire leur dépendance au charbon. L'engouement pour le photovoltaïque s'explique par une baisse vertigineuse des prix (moins 50% en trois ans), qui permet à cette technologie d'être dès à présent moins onéreuse que les énergies fossiles dans certaines régions. En Inde par exemple. Cet essor du photovoltaïque asiatique profite surtout à la Chine qui produit plus de la moitié des cellules et modules solaires de la planète à elle seule. Même si les machines-outils utilisées par les fabricants chinois viennent d'Europe, d'Allemagne en particulier...
En France, la filière est on peut le dire plutôt sinistrée. Des coûts de production bien trop élevés certes, mais aussi et surtout des barrières administratives étouffantes sur le marché domestique. Il faut parfois attendre plusieurs années entre le lancement d'un projet et la production des premiers kilowatts heure ! Tant et si bien que, même aidés par les autorités (Etat et collectivités), les fabricants tricolores font grise mine.
Mais ces considérations économiques ne doivent pas occulter les énormes progrès réalisés par les industriels du secteur depuis quelques temps ! L'amélioration du rendement des cellules photovoltaïques étant la priorité des priorités. En effet, pour que l'électricité photovoltaïque soit réellement compétitive sans subventions face aux autres énergies (fossiles ou renouvelables), y compris dans les contrées moins ensoleillées comme la nôtre, la seule solution est de maximiser le taux de conversion d'énergie solaire des cellules.
Ce taux de conversion tourne à l'heure actuelle autour de 20% pour les cellules solaires à base de silicium qui sont disponibles dans le commerce. Cependant, des tests en laboratoire ont déjà permis de dépasser les 40% grâce à de nouvelles techniques ou de nouveaux matériaux. Bien sûr, un délai est nécessaire entre la prouesse réalisée en labo et la production commerciale de masse, de l'ordre de 5 à 10 ans. Le rendement des panneaux photovoltaïques que vous achèterez dans quelques années devrait être ainsi deux fois supérieur à ceux d'aujourd'hui. Certains prédisent même des cellules solaires atteignant le seuil symbolique des 50% de rendement avant 2020 ! Voire pourquoi pas 80% de taux de conversion à plus long terme, d'ici 20 à 40 ans...
D'autres recherches visent non pas à accroître le rendement des cellules, mais à faciliter et à répandre leur utilisation. Les fort ingénieuses cellules souples avec un rendement identique aux panneaux classiques sont déjà là.
On parle à présent de cellules photovoltaïques imprimables et transparentes qui pourraient être posées partout (murs ou fenêtres), et pas seulement sur les toits exigus des immeubles de bureaux ou d'habitation.
Encore plus incroyable. Au Japon, l'entreprise Mitsubishi est parvenue à développer des cellules photovoltaïques pouvant être vaporisées ! Bref, ces réussites scientifiques en cascade bousculent tous nos a priori.
On le voit, les contraintes techniques tombent les unes après les autres. Même la question de l'indispensable stockage de cette énergie intermittente sera résolue d'ici peu. On peut donc maintenant se permettre d'imaginer que l'électricité photovoltaïque devienne aussi dominante que peut l'être le charbon aujourd'hui, au cours de la seconde moitié du 21ème siècle. L'énergie solaire arrivant sur Terre étant 10 000 fois supérieure à la consommation énergétique de l'espèce humaine, le potentiel est gigantesque même en ne récupérant qu'une infime fraction de l'ensemble. Autrement dit, le futur ne sera pas fait de disette mais d'abondance énergétique...
lundi 21 janvier 2013
Quand votre emploi sera occupé par une machine (ou pas)
C'est maintenant une certitude, la révolution robotique est lancée. Beaucoup d'emplois occupés aujourd'hui par des humains vont être confiés aux machines dans les années et décennies à venir. Nous allons devoir trouver de nouvelles façons d'occuper nos journées et d'obtenir des revenus satisfaisants. Petit tour d'horizon.
La révolution robotique va d'abord concerner les travaux que les humains ne peuvent pas faire ou qui leur sont très difficiles à réaliser, mais qui ne posent aucun problème aux robots. Ainsi que les emplois que les machines savent d'ores et déjà faire mieux que nous, mais que les humains continuaient d'exercer car le coût du passage aux robots était jugé trop élevé. Dans le secteur industriel, le coût horaire d'une machine (achat, besoin énergétique et entretien compris) sera d'ici peu inférieur à celui d'un salarié chinois ou asiatique. Dès lors, on peut envisager une "robotcalisation" temporaire de l'industrie, soit un rapprochement des zones de production et de consommation. Je prends bien soin de préciser et d'insister lourdement sur le fait que ce sera temporaire, puisqu'à partir de 2030 plus de 60% de la classe moyenne mondiale vivra en Asie. Il faudra en profiter tant qu'on peut...
Ensuite, les machines vont bien évidemment pouvoir occuper de plus en plus d'emplois au fur et à mesure de leur perfectionnement, et de l'abaissement de leur coût de production (grâce aux économies d'échelle). Chaque jour ou presque, de nouvelles applications inédites sont envisagées, de nouvelles possibilités incroyables s'ouvrent. Bref, le potentiel de remplacement des humains par les machines semble infini à cet instant.
Ne pas lutter contre l'inéluctable robotisation de l'économie, mais apprendre à travailler avec les machines
Le vrai défi sera d'apprendre à travailler avec ces machines. Comme le dit si bien Kevin Kelly, dans un monde pas si éloigné : "Nous serons payés en fonction de notre capacité à travailler avec les robots". Notre capacité d'adaptation sera donc plus importante que notre savoir-faire. La révolution robotique, c'est ainsi l'occasion pour tous les humains de se ré-inventer.
En confiant aux machines les tâches les plus pénibles et répétitives, les emplois ingrats vont disparaître de nos vies. Mais une autre question se pose, quels emplois pour les êtres humains de demain ? Où trouver de nouvelles sources de revenus pour assurer notre subsistance ?
Si certains s'inquiètent c'est bien normal des pertes d'emplois que cela va générer, d'autres nous rappellent que l'automatisation de l'agriculture a créé davantage d'emplois qu'elle n'en a détruit. Et oui ! L'arrivée de tracteurs et de faucheuses dans les fermes a permis l'émergence de nouveaux emplois dans le secteur industriel. Puis, la première phase de l'automatisation des usines (la seconde s'ouvrant maintenant) s'est traduite à son tour par une profusion d'emplois nouveaux dans les services. Il est plus que probable que ce phénomène soit réitéré avec l'automatisation des emplois au sein des entreprises de services. Et que nous inventerons à notre tour de nouvelles activités pour occuper nos journées, et monnayer notre savoir-faire (après formation sans nul doute).
Et surtout, ces millions de robots, il faudra bien les concevoir ! Déterminer les matériaux pour les construire. Se procurer les outils nécessaires à leur assemblage. Inventer les codes informatiques et les rouages mécaniques dont ils ont besoin pour se mouvoir. Les commercialiser et les livrer dans chaque entreprise ou domicile. Mettre en place des entreprises locales de réparation et d'assistance. Développer des filières de recyclage pour leurs composants. Et je me contente ici d'imaginer toutes les activités engendrées directement par la nouvelle économie robotique. Je ne parle même pas des activités indirectes qui seront sûrement bien plus nombreuses encore !
Mais ne nous laissons pas emporter, il existe une barrière (humaine) irrémédiable au tsunami robotique
Il faut ici rappeler une limite importante et je dirais même indépassable concernant le remplacement partiel des humains par les machines. Les humains ont besoin... de contact humain. Tout simplement.
Je veux bien imaginer des usines avec des robots gérant les lignes de production, mais il faudra toujours des humains pour négocier et signer les contrats. Je veux bien imaginer des blocs opératoires dotés de robots chirurgiens, mais les patients auront toujours besoin d'humains comme médecins traitants. Je veux bien imaginer des robots techniciens de surface dans les offices, mais il faudra bien des humains pour discuter autour de la machine à café.
Pour parler d'un sujet qui me concerne en particulier, moi qui suis rédacteur indépendant. Je veux bien imaginer des logiciels de narration capables d'écrire des articles sportifs ou financiers à partir d'informations précises trouvées en ligne. Mais le robot capable de partager et de décrire une émotion humaine dans un texte tout en la comprenant, bref capable de transmettre un ressenti, n'est pas encore arrivé ! A moins de la copier-coller...
Ce besoin de contact humain, on le voit encore aujourd'hui avec l'essor des services à la personne. Selon la Dares, la majorité des emplois créés en France d'ici 2020 concernera en priorité "les métiers de soins et d’aide aux personnes fragiles". Conjonction du vieillissement de la population et de l'isolement subi ou choisi, la dépendance des personnes âgées va devenir un élément majeur du débat politique. Comment financer ces besoins et emplois nouveaux ? Et bien justement, en faisant des gains de productivité substantiels dans les autres secteurs, grâce à l'automatisation. Rien ne dit donc que l'arrivée massive des machines sur nos lieux de travail va forcément atténuer le lien social. Peut-être qu'en fin de compte ce sera l'effet inverse qui se manifestera...
La révolution robotique va d'abord concerner les travaux que les humains ne peuvent pas faire ou qui leur sont très difficiles à réaliser, mais qui ne posent aucun problème aux robots. Ainsi que les emplois que les machines savent d'ores et déjà faire mieux que nous, mais que les humains continuaient d'exercer car le coût du passage aux robots était jugé trop élevé. Dans le secteur industriel, le coût horaire d'une machine (achat, besoin énergétique et entretien compris) sera d'ici peu inférieur à celui d'un salarié chinois ou asiatique. Dès lors, on peut envisager une "robotcalisation" temporaire de l'industrie, soit un rapprochement des zones de production et de consommation. Je prends bien soin de préciser et d'insister lourdement sur le fait que ce sera temporaire, puisqu'à partir de 2030 plus de 60% de la classe moyenne mondiale vivra en Asie. Il faudra en profiter tant qu'on peut...
Ensuite, les machines vont bien évidemment pouvoir occuper de plus en plus d'emplois au fur et à mesure de leur perfectionnement, et de l'abaissement de leur coût de production (grâce aux économies d'échelle). Chaque jour ou presque, de nouvelles applications inédites sont envisagées, de nouvelles possibilités incroyables s'ouvrent. Bref, le potentiel de remplacement des humains par les machines semble infini à cet instant.
Ne pas lutter contre l'inéluctable robotisation de l'économie, mais apprendre à travailler avec les machines
Le vrai défi sera d'apprendre à travailler avec ces machines. Comme le dit si bien Kevin Kelly, dans un monde pas si éloigné : "Nous serons payés en fonction de notre capacité à travailler avec les robots". Notre capacité d'adaptation sera donc plus importante que notre savoir-faire. La révolution robotique, c'est ainsi l'occasion pour tous les humains de se ré-inventer.
En confiant aux machines les tâches les plus pénibles et répétitives, les emplois ingrats vont disparaître de nos vies. Mais une autre question se pose, quels emplois pour les êtres humains de demain ? Où trouver de nouvelles sources de revenus pour assurer notre subsistance ?
Si certains s'inquiètent c'est bien normal des pertes d'emplois que cela va générer, d'autres nous rappellent que l'automatisation de l'agriculture a créé davantage d'emplois qu'elle n'en a détruit. Et oui ! L'arrivée de tracteurs et de faucheuses dans les fermes a permis l'émergence de nouveaux emplois dans le secteur industriel. Puis, la première phase de l'automatisation des usines (la seconde s'ouvrant maintenant) s'est traduite à son tour par une profusion d'emplois nouveaux dans les services. Il est plus que probable que ce phénomène soit réitéré avec l'automatisation des emplois au sein des entreprises de services. Et que nous inventerons à notre tour de nouvelles activités pour occuper nos journées, et monnayer notre savoir-faire (après formation sans nul doute).
Et surtout, ces millions de robots, il faudra bien les concevoir ! Déterminer les matériaux pour les construire. Se procurer les outils nécessaires à leur assemblage. Inventer les codes informatiques et les rouages mécaniques dont ils ont besoin pour se mouvoir. Les commercialiser et les livrer dans chaque entreprise ou domicile. Mettre en place des entreprises locales de réparation et d'assistance. Développer des filières de recyclage pour leurs composants. Et je me contente ici d'imaginer toutes les activités engendrées directement par la nouvelle économie robotique. Je ne parle même pas des activités indirectes qui seront sûrement bien plus nombreuses encore !
Mais ne nous laissons pas emporter, il existe une barrière (humaine) irrémédiable au tsunami robotique
Il faut ici rappeler une limite importante et je dirais même indépassable concernant le remplacement partiel des humains par les machines. Les humains ont besoin... de contact humain. Tout simplement.
Je veux bien imaginer des usines avec des robots gérant les lignes de production, mais il faudra toujours des humains pour négocier et signer les contrats. Je veux bien imaginer des blocs opératoires dotés de robots chirurgiens, mais les patients auront toujours besoin d'humains comme médecins traitants. Je veux bien imaginer des robots techniciens de surface dans les offices, mais il faudra bien des humains pour discuter autour de la machine à café.
Pour parler d'un sujet qui me concerne en particulier, moi qui suis rédacteur indépendant. Je veux bien imaginer des logiciels de narration capables d'écrire des articles sportifs ou financiers à partir d'informations précises trouvées en ligne. Mais le robot capable de partager et de décrire une émotion humaine dans un texte tout en la comprenant, bref capable de transmettre un ressenti, n'est pas encore arrivé ! A moins de la copier-coller...
Ce besoin de contact humain, on le voit encore aujourd'hui avec l'essor des services à la personne. Selon la Dares, la majorité des emplois créés en France d'ici 2020 concernera en priorité "les métiers de soins et d’aide aux personnes fragiles". Conjonction du vieillissement de la population et de l'isolement subi ou choisi, la dépendance des personnes âgées va devenir un élément majeur du débat politique. Comment financer ces besoins et emplois nouveaux ? Et bien justement, en faisant des gains de productivité substantiels dans les autres secteurs, grâce à l'automatisation. Rien ne dit donc que l'arrivée massive des machines sur nos lieux de travail va forcément atténuer le lien social. Peut-être qu'en fin de compte ce sera l'effet inverse qui se manifestera...
dimanche 20 janvier 2013
L'expérience de l'espèce humaine va doubler d'ici 2100
A mesure que la population humaine s'accroît et vieillit, l'expérience cumulée des êtres humains en vie explose. Multipliée par 3 en l'espace de 60 ans, elle va passer de 200 à 400 milliards d'années d'ici 2100.
Avec l'effet conjugué de la croissance économique et de la progression de la qualité de vie, l'espérance de vie moyenne de l'espèce humaine s'est considérablement accrue au cours du siècle dernier. Hélas, de fortes disparités existent en fonction des pays et des continents, mais celles-ci devraient s'estomper dans les prochaines décennies. A cause de l'augmentation du nombre de personnes dites du "troisième âge", l'âge moyen de la population humaine augmente également. Cet âge moyen est aujourd'hui de 32 ans, il sera de 42 ans environ à la fin du siècle. Quant à la population humaine en tant que telle, elle va connaître une stabilisation (du fait de la transition démographique planétaire) autour de 10 milliards d'individus à partir de 2050.
Répercussion fascinante de ce progrès sans précédent : l'expérience humaine accumulée des seuls humains en vie dépassera les 400 milliards d'années en 2100. 40 fois l'âge de l'Univers ! Mais ce n'est pas tout...
Ces 10 milliards d'individus en 2100, ayant en moyenne plus de 40 ans d'expérience humaine derrière eux, auront tous accès aux outils de communication modernes, ainsi qu'à de nouvelles technologies qui n'existent pas encore. La traduction vocale instantanée dans toutes les langues par exemple ! Ils auront donc la possibilité d'échanger et de partager cette expérience avec une facilité inouïe, inconcevable aujourd'hui ! Ce qui nous amène au concept de conscience humaine collective ou de "noosphère". Prophétisé depuis longtemps par des auteurs de science-fiction, le fameux "cerveau global" pourrait enfin devenir réalité. Tous les choix difficiles auxquels nous avons à faire face, toutes les solutions plus ou moins imparfaites qui ont été trouvées...
Notre vécu. Notre expérience. Tout cela pourra être constamment dupliqué et distribué au plus grand nombre !
Cependant, rien ne dit que nous serons tous à égalité dans le partage de nos expériences, certains sont et seront toujours plus doués que d'autres pour capter l'attention des individus. Le charme, l'esprit, le verbe ne sont malheureusement pas répartis de façon équitable sur Terre. Autre restriction fâcheuse, nous (pauvres humains) ne pouvons tolérer qu'une dose limitée de stimuli par jour. Voilà le plus grand défaut de notre espèce ! Même en ayant accès à toutes les bonnes réponses, nous sommes presque toujours condamnés à reproduire les mêmes erreurs...
Avec l'effet conjugué de la croissance économique et de la progression de la qualité de vie, l'espérance de vie moyenne de l'espèce humaine s'est considérablement accrue au cours du siècle dernier. Hélas, de fortes disparités existent en fonction des pays et des continents, mais celles-ci devraient s'estomper dans les prochaines décennies. A cause de l'augmentation du nombre de personnes dites du "troisième âge", l'âge moyen de la population humaine augmente également. Cet âge moyen est aujourd'hui de 32 ans, il sera de 42 ans environ à la fin du siècle. Quant à la population humaine en tant que telle, elle va connaître une stabilisation (du fait de la transition démographique planétaire) autour de 10 milliards d'individus à partir de 2050.
Répercussion fascinante de ce progrès sans précédent : l'expérience humaine accumulée des seuls humains en vie dépassera les 400 milliards d'années en 2100. 40 fois l'âge de l'Univers ! Mais ce n'est pas tout...
Ces 10 milliards d'individus en 2100, ayant en moyenne plus de 40 ans d'expérience humaine derrière eux, auront tous accès aux outils de communication modernes, ainsi qu'à de nouvelles technologies qui n'existent pas encore. La traduction vocale instantanée dans toutes les langues par exemple ! Ils auront donc la possibilité d'échanger et de partager cette expérience avec une facilité inouïe, inconcevable aujourd'hui ! Ce qui nous amène au concept de conscience humaine collective ou de "noosphère". Prophétisé depuis longtemps par des auteurs de science-fiction, le fameux "cerveau global" pourrait enfin devenir réalité. Tous les choix difficiles auxquels nous avons à faire face, toutes les solutions plus ou moins imparfaites qui ont été trouvées...
Notre vécu. Notre expérience. Tout cela pourra être constamment dupliqué et distribué au plus grand nombre !
Cependant, rien ne dit que nous serons tous à égalité dans le partage de nos expériences, certains sont et seront toujours plus doués que d'autres pour capter l'attention des individus. Le charme, l'esprit, le verbe ne sont malheureusement pas répartis de façon équitable sur Terre. Autre restriction fâcheuse, nous (pauvres humains) ne pouvons tolérer qu'une dose limitée de stimuli par jour. Voilà le plus grand défaut de notre espèce ! Même en ayant accès à toutes les bonnes réponses, nous sommes presque toujours condamnés à reproduire les mêmes erreurs...
mercredi 16 janvier 2013
Une classe moyenne mondiale de 5 milliards d'individus en 2030
La mondialisation des échanges s'est traduite par une augmentation sensible des revenus moyens de la population humaine. Ce phénomène a permis l'apparition d'une classe moyenne dans de nombreux pays émergents.
A l'heure actuelle, la classe moyenne mondiale qui est en pleine expansion compte environ 2 milliards d'individus selon les dernières statistiques de l'OCDE, dont 500 millions vivent en Asie. Et dans les décennies qui viennent, l'essor de la classe moyenne va largement s'amplifier. Toujours selon l'OCDE, la classe moyenne mondiale devrait dépasser les 3 milliards d'individus en 2020, pour atteindre les 5 milliards en 2030 ! A cette date, plus des 2/3 tiers de la classe moyenne mondiale devrait vivre en Asie. Un bouleversement radical !
L'Asie ne sera donc plus à cette date un simple lieu de production pour les entreprises globales, et va devenir rapidement (dès 2020) leur principal marché.
Les Etats-Unis et l'Europe étant relégués au rang de marchés secondaires...
Autrement dit, les produits de demain seront fabriqués pour correspondre d'abord aux goûts et aux normes des populations asiatiques. Et non plus aux nôtres.
Mais ce n'est pas la seule conséquence de ce vaste mouvement de "tectonique des plaques". Par exemple, si la classe moyenne représente 5 milliards d'individus sur une population 8 milliards d'habitants (d'après les prévisions démographiques). Cela signifie qu'en 2030 la majorité des êtres humains vivant sur Terre aura accès à des soins de santé de qualité, et pourra offrir une éducation convenable à ses enfants ! Toutes choses qui étaient uniquement l'apanage des occidentaux il y a peu. Une première dans l'Histoire ! Et une merveilleuse nouvelle...
Par ailleurs, l'émergence d'une classe moyenne s'est toujours traduite dans le passé par un gain démocratique. En effet, après avoir satisfait leurs besoins de base et gagné en confort de vie, les populations tendent généralement à demander de nouveaux droits ou libertés. Et à les obtenir compte tenu de leur pouvoir d'influence grandissant ! Les répercussions en cascade sont tellement vastes qu'il est difficile d'imaginer ou même de concevoir ce monde pas si lointain, que nous verrons de notre vivant (pour les chanceux).
Cependant, certains esprits chagrins avancent l'idée que cette montée en puissance de la classe moyenne asiatique ne peut se faire qu'au détriment de notre propre classe moyenne. Voilà une idée bien curieuse très éloignée de la réalité. Car, en ce qui concerne le "fantasme du déclin" de la classe moyenne française, l'économiste et sociologue Éric Maurin a démontré chiffres à l'appui dans un récent ouvrage que la classe moyenne ne s'était pas appauvrie, contrairement aux idées reçues. En revanche, il est vrai que l'anxiété et la peur du déclassement se sont accrues, ainsi que la sensation de devoir "faire bien plus d'efforts" pour parvenir au même résultat.
Mais ces difficultés s'expliquent surtout par les hausses spectaculaires de loyers et du prix du marché immobilier en général, depuis plus de 20 ans. La mondialisation des échanges est certes un bouc-émissaire facile et séduisant, toutefois se focaliser dessus c'est se tromper de combat.
A l'heure actuelle, la classe moyenne mondiale qui est en pleine expansion compte environ 2 milliards d'individus selon les dernières statistiques de l'OCDE, dont 500 millions vivent en Asie. Et dans les décennies qui viennent, l'essor de la classe moyenne va largement s'amplifier. Toujours selon l'OCDE, la classe moyenne mondiale devrait dépasser les 3 milliards d'individus en 2020, pour atteindre les 5 milliards en 2030 ! A cette date, plus des 2/3 tiers de la classe moyenne mondiale devrait vivre en Asie. Un bouleversement radical !
L'Asie ne sera donc plus à cette date un simple lieu de production pour les entreprises globales, et va devenir rapidement (dès 2020) leur principal marché.
Les Etats-Unis et l'Europe étant relégués au rang de marchés secondaires...
Autrement dit, les produits de demain seront fabriqués pour correspondre d'abord aux goûts et aux normes des populations asiatiques. Et non plus aux nôtres.
Mais ce n'est pas la seule conséquence de ce vaste mouvement de "tectonique des plaques". Par exemple, si la classe moyenne représente 5 milliards d'individus sur une population 8 milliards d'habitants (d'après les prévisions démographiques). Cela signifie qu'en 2030 la majorité des êtres humains vivant sur Terre aura accès à des soins de santé de qualité, et pourra offrir une éducation convenable à ses enfants ! Toutes choses qui étaient uniquement l'apanage des occidentaux il y a peu. Une première dans l'Histoire ! Et une merveilleuse nouvelle...
Par ailleurs, l'émergence d'une classe moyenne s'est toujours traduite dans le passé par un gain démocratique. En effet, après avoir satisfait leurs besoins de base et gagné en confort de vie, les populations tendent généralement à demander de nouveaux droits ou libertés. Et à les obtenir compte tenu de leur pouvoir d'influence grandissant ! Les répercussions en cascade sont tellement vastes qu'il est difficile d'imaginer ou même de concevoir ce monde pas si lointain, que nous verrons de notre vivant (pour les chanceux).
Cependant, certains esprits chagrins avancent l'idée que cette montée en puissance de la classe moyenne asiatique ne peut se faire qu'au détriment de notre propre classe moyenne. Voilà une idée bien curieuse très éloignée de la réalité. Car, en ce qui concerne le "fantasme du déclin" de la classe moyenne française, l'économiste et sociologue Éric Maurin a démontré chiffres à l'appui dans un récent ouvrage que la classe moyenne ne s'était pas appauvrie, contrairement aux idées reçues. En revanche, il est vrai que l'anxiété et la peur du déclassement se sont accrues, ainsi que la sensation de devoir "faire bien plus d'efforts" pour parvenir au même résultat.
Mais ces difficultés s'expliquent surtout par les hausses spectaculaires de loyers et du prix du marché immobilier en général, depuis plus de 20 ans. La mondialisation des échanges est certes un bouc-émissaire facile et séduisant, toutefois se focaliser dessus c'est se tromper de combat.
dimanche 13 janvier 2013
D'ici 2015, il y aura plus d'internautes en Chine qu'en Occident
La Chine est devenue en moins de 10 ans un acteur majeur de l'Internet à l'échelle mondiale, en se contentant uniquement de son immense marché interne. Mais un jour ou l'autre une nouvelle ère va commencer, quand les géants chinois du Web voudront conquérir des marchés à l'étranger...
Le Ministère Chinois des Technologies de l'Information a publié récemment une nouvelle estimation du nombre de personnes disposant d'un accès Internet en Chine continentale d'ici 2015. Le pays devrait alors compter environ 800 millions d'internautes, soit autant voire plus qu'en Occident. La plupart de ces citoyens chinois se connecteront en priorité avec leur téléphone mobile. A l'heure actuelle, 200 millions de chinois ont déjà accès au réseau 3G, et le nombre d'abonnés continue d'augmenter rapidement. Le futur réseau 4G est en préparation comme en France, les chinois et les français devraient en bénéficier quasi simultanément...
Il y a 10 ans, une telle progression était encore impensable. Beaucoup croyaient que le retard technologique de la Chine ne pouvait être rattrapé à brève échéance. En tout cas, pas dans des délais si courts. Mais c'est là un enseignement majeur de l'économie mondialisée : les technologies se répandent à une vitesse insoupçonnée jusqu'ici. Pour peu que l'attrait de la modernité l'emporte sur le désir de préservation des traditions ou des usages, un peuple peut se métamorphoser en quelques années.
Conséquence directe de l'explosion des échanges en ligne, la censure chinoise vacille. Certes, les journalistes ne sont toujours pas libres d'écrire ce que bon leur semble, le pouvoir espionne toujours les discussions de leurs concitoyens sur le web, et l'on ne peut toujours pas accéder à certaines informations jugées trop dangereuses ou sensibles. Ceci étant dit, il est impossible pour le PCC d'arrêter la marche du progrès social après avoir promu le progrès technologique. Les nouvelles circulent vite sur les microblogs et les réseaux sociaux. Bientôt, c'est tout l'édifice de propagande qui va s'effondrer. Les indices de cette révolution paisible mais foudroyante se multiplient.
Cependant, l'obsession du contrôle passéiste des autorités chinoises et leur protectionnisme poussif privent les compagnies étrangères de cette manne de consommateurs connectés. Nul doute que cette politique a cherché à favoriser l'émergence de géants domestiques, la plupart inconnus dans le reste du monde.
Pour les services, on peut citer : Baidu (moteur de recherche), Weibo (microblog), Alibaba (site de commerce en ligne), Renren (réseau social). Sans compter China Mobile, China Telecom, Huawei et ZTE en ce qui concerne les réseaux et les constructeurs télécoms.
De par leur taille gigantesque, ces entreprises chinoises du web et des télécoms sont les seules en mesure de rivaliser avec les sociétés américaines ou européennes qui dominent le secteur partout ailleurs. Lorsque ces compagnies chinoises auront décidé de conquérir de nouveaux marchés, hors des frontières confortables de leur pays, une compétition féroce devrait s'engager. Et elles pourraient l'emporter ! Le capital-risque est abondant, les universités chinoises produisent toujours plus d'ingénieurs doués et talentueux. Bref, toutes les bonnes cartes sont entre leurs mains ! Toutefois, le passage d'une économie protégée à une économie ultra-concurrentielle ne sera pas facile. Mais après tant de bouleversements, qui peut douter de leur capacité d'adaptation ?
Le Ministère Chinois des Technologies de l'Information a publié récemment une nouvelle estimation du nombre de personnes disposant d'un accès Internet en Chine continentale d'ici 2015. Le pays devrait alors compter environ 800 millions d'internautes, soit autant voire plus qu'en Occident. La plupart de ces citoyens chinois se connecteront en priorité avec leur téléphone mobile. A l'heure actuelle, 200 millions de chinois ont déjà accès au réseau 3G, et le nombre d'abonnés continue d'augmenter rapidement. Le futur réseau 4G est en préparation comme en France, les chinois et les français devraient en bénéficier quasi simultanément...
Il y a 10 ans, une telle progression était encore impensable. Beaucoup croyaient que le retard technologique de la Chine ne pouvait être rattrapé à brève échéance. En tout cas, pas dans des délais si courts. Mais c'est là un enseignement majeur de l'économie mondialisée : les technologies se répandent à une vitesse insoupçonnée jusqu'ici. Pour peu que l'attrait de la modernité l'emporte sur le désir de préservation des traditions ou des usages, un peuple peut se métamorphoser en quelques années.
Conséquence directe de l'explosion des échanges en ligne, la censure chinoise vacille. Certes, les journalistes ne sont toujours pas libres d'écrire ce que bon leur semble, le pouvoir espionne toujours les discussions de leurs concitoyens sur le web, et l'on ne peut toujours pas accéder à certaines informations jugées trop dangereuses ou sensibles. Ceci étant dit, il est impossible pour le PCC d'arrêter la marche du progrès social après avoir promu le progrès technologique. Les nouvelles circulent vite sur les microblogs et les réseaux sociaux. Bientôt, c'est tout l'édifice de propagande qui va s'effondrer. Les indices de cette révolution paisible mais foudroyante se multiplient.
Cependant, l'obsession du contrôle passéiste des autorités chinoises et leur protectionnisme poussif privent les compagnies étrangères de cette manne de consommateurs connectés. Nul doute que cette politique a cherché à favoriser l'émergence de géants domestiques, la plupart inconnus dans le reste du monde. Pour les services, on peut citer : Baidu (moteur de recherche), Weibo (microblog), Alibaba (site de commerce en ligne), Renren (réseau social). Sans compter China Mobile, China Telecom, Huawei et ZTE en ce qui concerne les réseaux et les constructeurs télécoms.
De par leur taille gigantesque, ces entreprises chinoises du web et des télécoms sont les seules en mesure de rivaliser avec les sociétés américaines ou européennes qui dominent le secteur partout ailleurs. Lorsque ces compagnies chinoises auront décidé de conquérir de nouveaux marchés, hors des frontières confortables de leur pays, une compétition féroce devrait s'engager. Et elles pourraient l'emporter ! Le capital-risque est abondant, les universités chinoises produisent toujours plus d'ingénieurs doués et talentueux. Bref, toutes les bonnes cartes sont entre leurs mains ! Toutefois, le passage d'une économie protégée à une économie ultra-concurrentielle ne sera pas facile. Mais après tant de bouleversements, qui peut douter de leur capacité d'adaptation ?






